Affaire Meunier : « des matelas thérapeutiques traînaient dans le corridor »
Sylvie Brosseau a livré un témoignage chargé d’émotion jeudi à l’occasion des audiences publiques du coroner pour faire la lumière sur le décès de son conjoint Normand Meunier, survenu le 29 mars 2024. Il y a un peu plus d’un an, l’homme de 66 ans choisissait l’aide médicale à mourir après avoir développé des plaies de lit à l’hôpital de Saint-Jérôme. Mme Brosseau a décrit dans le détail son insistance afin que son conjoint puisse obtenir un matelas thérapeutique et un lit bariatrique adapté à sa corpulence lors de ses différents séjours à l’hôpital, en particulier à l’urgence en janvier 2024, puis à l’unité d’hospitalisation les semaines suivantes. Mme Brosseau a notamment révélé avoir remarqué le 28 janvier la présence de matelas thérapeutiques près des ascenseurs. La veuve de M. Meunier, Sylvie Brosseau, a remis au coroner des photos de matelas thérapeutiques qui «trainaient dans le corridor» le 28 janvier 2024. Photo : Radio-Canada Un matelas adapté permet de déplacer les points de pression pour éviter la formation de plaies de lit. Selon les documents déposés dans le cadre de l’enquête publique, la gestion des matelas thérapeutiques dans le réseau de la santé des Laurentides était confiée depuis une dizaine d’années à une firme externe, le groupe Medyk. Sur demande, l’entreprise devait livrer dans les 24 prochaines heures, en semaine, l’un des trois types de matelas thérapeutiques. Lors des audiences jeudi, le copropriétaire de la firme, Patrick Fortin, a précisé gérer dans son entrepôt de Laval près de 450 matelas thérapeutiques pour le compte du CISSS des Laurentides. Au fil des mois, entre décembre 2023 et mars 2024, neuf requêtes ont été faites pour des séjours de M. Meunier, a-t-on appris. M. Fortin a souligné que, depuis l’épisode de M. Meunier, un projet-pilote a été mis sur pied avec l’hôpital de Saint-Jérôme, Le président du groupe Medyk a précisé durant son témoignage ne pas être au fait de matelas thérapeutiques adaptés aux civières. M. Meunier a passé 96 heures sur une civière à l’urgence en janvier 2024, avant d’être déplacé aux étages. Plus tôt dans la journée, une gestionnaire de l’hôpital de Saint-Jérôme est venue expliquer les défis quotidiens de gérer l’attribution des lits d’hospitalisation auprès des patients qui attendent à l’urgence qu’une place se libère. À une question de l’équipe du coroner, Mme Laroque a répondu qu’il était encore fréquent qu’un patient séjourne 90 heures à l’urgence. Plus tôt cette semaine, une des infirmières qui a soigné M. Meunier lors d’un de ses séjours à l’hôpital de Saint-Jérôme a terminé son témoignage en se permettant l’observation suivante : À chaque visite, j’étais comme une guerrière
, a-t-elle décrit lors de son témoignage.J’en ai vu trois ou quatre enroulés sur le bord du mur [...] je les ai photographiés, j’étais prête à en laver un moi-même pour Normand
, a-t-elle déclaré lors de son témoignage.
Peu de temps après, un coordinateur est venu me voir pour me demander d’effacer les photos de mon téléphone, a-t-elle soutenu. Il m’a dit qu’une compagnie devait venir chercher les matelas, les nettoyer et qu’il fallait prioriser leur distribution.
Un sous-traitant pour gérer 445 matelas thérapeutiques
qui désire avoir une surface disponible 24 heures sur 24 [...] avec un dépôt au 6e étage de dix matelas de catégorie 1 non motorisés
.Encore fréquent d'être 4 jours à l’urgence
On roule très bien nos lits, on est les troisièmes du réseau, [...] mais on a un parc de lits restreint
, a répondu au coroner la cheffe d’unité Maude Laroque. On a une volumétrie [élevée] et une complexité de l’état des usagers.
Le ratio infirmière-patients
Le vrai enjeu, c'est le ratio patients-infirmière
qui était trop élevé selon elle afin d’assurer les soins appropriés à des personnes comme M. Meunier.
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